Analyse interview de Cédric Daval et Martine Cussey
le 30 janvier 2018

Contexte de la vidéo : cette interview de Cédric Daval et Martine Cussey (respectivement le frère et la mère de Jonathann Daval) a été enregistrée le 30 janvier 2018 pour BFMTV. C’est la première fois qu’ils s’expriment publiquement depuis le début de l’affaire. Jonathann Daval a avoué avoir tué sa femme Alexia Daval la veille de cette interview.

Nous vous invitons à regarder attentivement leur langage corporel lorsque la journaliste évoque les tensions dans le couple, et les supposées marques de violences d’Alexia Daval envers son mari Jonathann.

Il est toujours intéressant d’analyser des vidéos avec deux personnes interviewées, car souvent lorsque l’une d’entre elles ne s’exprime plus et que la parole est donnée à la seconde : le locuteur silencieux se sent « hors du cadre » et donc nous constatons ainsi des éléments du langage corporel particulièrement signifiants.

Vidéo intégrale de l'interview (sans annotations) :

Interview sous le signe du non-dit et des propos retenus :

Ce qui nous intéresse avant tout dans une analyse en neurogestuelle, ce n’est pas seulement un item significatif mais bien un ensemble d’items dans un laps de temps court.

Tout comme nous l’avons relevé lors de notre analyse de l'affaire Mc Cann, il est intéressant de noter dans cette vidéo des similitudes dans les éléments de non-dits.


En effet, nous constatons 3 principaux items spécifiques aux non-dits, à savoir :
- la langue de non-dits
- les mâchonnements
- la bouche de non-dits (ou la bouche en « huître »)

Les langues de non-dits :

Les langues de non-dits correspondent à la sortie de la pointe de la langue de façon très rapide.

Tout d’abord, les langues de non-dits peuvent être observées tant sur Cédric Daval que sur Martine Cussey. Et pour les deux, nous pouvons constater qu’à chaque fois il y a en même temps une bouche étirée (stress émotionnel) ou une bouche de non-dits.

La bouche de non-dits (ou la bouche en « huître »)

La bouche de non-dit correspond à l’action de rentrer les lèvres à l’intérieur, faisant ainsi disparaître les lèvres. En neurogestuelle, cela correspond à un item de non-dit. Cet item corporel indique des propos retenus, littéralement comme s’ils étaient, à l’image de ces lèvres, rentrés à l’intérieur de la bouche.

Et enfin, le mâchonnement, nous constatons en effet que Martine Cussey effectue ce que nous qualifions donc de mâchonnement 57% de la vidéo. Nous pourrions penser qu’il puisse être le résultat de l’action de la mastication d’un chewing-gum. Cependant, si tel eut été le cas, nous aurions constaté un mouvement de l’ensemble de la mâchoire et dans ce cas pourquoi ne pas mâcher cet hypothétique chewing gum l’autre moitié de la vidéo soit presque 1min30. Nous nous invitons à regarder attentivement la zone entre sa bouche et son menton. En effet, ce mâchonnement constaté correspond plutôt à une succion de cette zone. Ce qui est, à nouveau, un indicateur de non-dit de propos retenus.

Il est donc interrogeant de noter tous ces éléments explicitant des propos retenus et des non-dits et particulièrement lorsqu’ils évoquent les tensions dans le couple ainsi que les coups supposés qu’aurait donné Alexia à son mari, que ce soit dans le langage corporel de Cédric Daval et Martine Cussey. Leur communication non-verbale semble plutôt indiquer que ces coups n'ont pas eu lieu, et qu'ils ne sont pas authentiques sur ces points.

À la lumière de ces quelques éléments thématiques, nous vous invitons à visionner la vidéo annotée d’indices corporels :

Vidéo intégrale de l'interview (avec annotations) :


Signes révélateurs de stress émotionnel :

La seconde thématique que nous souhaiterions présenter dans cette analyse est celle du stress émotionnel, que nous retrouvons dans le langage corporel des deux interviewés.

Les bouches étirées :

Ce qu’il est commun en neurogestuelle de qualifier de « bouche étirée » correspond à l’item de stress émotionnel. Il est intéressant de noter que nous retrouvons la plupart de ces microréactions de stress émotionnel regroupées dans une même minute, entre 01:45 et 02:49 (le passage de la vidéo durant laquelle sont relatées des tensions dans le couple ainsi que les coups supposés qu’aurait donné Alexia à son mari).

Et plus précisément encore après que la journaliste ait prononcé le mot « tensions » à 01:45 ; et ce, pour les 2 interviewés.

Nous notons ainsi au total 11 fois cet item dans les 58 secondes correspondant aux 3 extraits.

Voici la vidéo :


Nous notons également dans cette minute d’autres éléments explicitant du stress émotionnel : comme les respirations, la succession de blancs et de ‘bugs’ dans le verbatim.

Les respirations :

Dans cet extrait nous souhaitons attirer votre attention sur 14 secondes entre 01:54 et 02:08.

Nous y constatons donc :
- 01:54 : grande respiration
- 01:55-02:08 : apnée
- 02:08 : grande respiration
- 02:08 : toux

Cette toux est un moyen de gagner une seconde pour répondre, une toux de malaise, comme si de façon littérale les propos prononcés ne passent pas

En ce qui concerne Martine Cussey, elle ne prendra la parole que 10 secondes dans l’ensemble de la vidéo. Nous notons une forte expiration (02:23) juste avant sa prise de parole et une grande inspiration (02:47) à la fin de ces 10 secondes (02:54-03:04).
Mais ce sont surtout les subtils mouvements corporels qui surviennent juste après cette intervention. qui nous semblent particulièrement pertinents à observer
En effet, nous relevons une respiration saccadée (03:07-25), puis nous retrouvons des étirements de la bouche, cette fois-ci par à-coups (03:33). Avec un mâchonnement constant pendant cet extrait.
Cela indique un pic de stress émotionnel suite à ces 10 secondes d’intervention

Notre expertise se limite à la communication non-verbale, mais nous sommes interpelés par le fait que Martine Cussey choisisse 2 fois de suite d’employer « Alexia, c’est… et c’est » au lieu de : « Alexia est à la fois… et … ». Cette utilisation de « c’est » a pour effet de dépersonnaliser Alexia.

Les 3 moments clés de cette interview :

En résumé de cette analyse, il y a 3 mots qui déclenchent 3 séries d’items de non-dits et de stress :
- le mot « REVELATIONS » (entre 00:47 et 00:52)
- le mot « TENSIONS » (entre 01:45 et 02:04)
- le mot « BLEUS » (entre 02:13 et 02:26)

Vidéo 1 : le mot « REVELATIONS »
Cédric DAVAL Martine CUSSEY
mâchonnements
grande respiration
bouche étirée
langue de non-dit
Vidéo 2 : le mot « TENSIONS »
Cédric DAVAL Martine CUSSEY
bouche étirée mâchonnements
bouche en huître axe de tête ascendant
langue de non-dit
Vidéo 3 : le mot « BLEUS »
Cédric DAVAL Martine CUSSEY
toux mâchonnements
grande respiration (x2) bouche étirée
bouche étirée retrait en arrière
bouche en huître
expiration forte

Conclusion

En conclusion, ces items de non-dits accompagnés de stress émotionnels, confirment que les deux personnes interrogées manquent d'authenticité dans leurs propos concernant les constats des tensions dans le couple et les violences supposées avoir été commises par Alexia. Nous ne sommes donc pas vraiment convaincus par la véracité de leur témoignage, en particulier entre 01:44 et 02:49.